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KASBAH D’IF

    Hôtel

    KASBAH D’IF

    Étoiles

    5

    Localisation

    MARRAKECH – MAROC

    Chambres et suites

    37

    Spa

    AMAN KA

    Restaurant

    AL MASSAA
    PATIO
    PERGOLA
    PAVILLON D’ÉTÉ

    Chef

    HASSAN BENSAID

    Divers

    BRITISH BERBER bar
    PISCINES
    DESERT

    Le Club Artravel

    Avantages pour les membres Artravel:

    Meilleur prix garanti

    Un cocktail de bienvenue

    Petit-déjeuner offert

    Sur-classement selon disponibilités

    Check-out tardif

    Accès au mini bar en chambre


    Aux portes du désert d’Agafay, Kasbah d’If, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Marrakech, est de ces adresses confidentielles qui se méritent. Une citadelle de terre où l’architecture berbère dialogue avec un design contemporain maîtrisé et une hospitalité marocaine profondément sincère. Un boutique-hôtel cinq étoiles pensé comme une immersion, tourné vers le silence minéral du désert et la lenteur retrouvée.

    On l’aperçoit de loin. Depuis la route, une masse ocre se détache sur la roche. Douze tours. Une forteresse presque irréelle, postée sur son promontoire à 800 mètres d’altitude. La Kasbah d’If domine le désert d’Agafay. Au loin, les montagnes enneigées de l’Atlas découpent l’horizon. Le contraste est saisissant, unique. Ici, le regard circule entre le minéral et la blancheur lointaine. À l’approche, rien ne se livre. Une porte monumentale en bois, close. Puis l’ouverture. Le choc. L’émotion. Tout bascule. À l’intérieur, la quiétude change de texture. Elle devient enveloppante. Les larges sourires du personnel nous accueillent. La Kasbah d’If ne se livre pas au premier coup d’œil : elle se découvre par strates, patios, galeries, jardins plantés il y a quelques années déjà… Tout semble toujours avoir été là, même les sols en poudre de marbre patinée par la main de l’homme. Pourtant, l’histoire de cette Kasbah-là, inaugurée en septembre 2025, est celle d’un temps infini, presque obstiné.

    Commencé il y a plus de vingt ans par Mohamed Ifkiren, un passionné d’architecture traditionnelle désireux de recréer la kasbah de son enfance, l’ouvrage était encore inachevé lorsque Pierre et Nadia en font la rencontre, il y a six ans. « Mohamed voulait une famille pour poursuivre ce qu’il avait débuté, pas un projet extravagant comme certains lui avaient présenté », raconte Pierre. L’amitié entre Mohamed et le couple franco-marocain naît, scelle la transmission. L’achat se fait en quelques semaines, juste avant la Covid. Le chantier reprend, sans compromis. « Il nous a passé le virus », sourit-il.

    Plus de 150 artisans et maâlems ont façonné le lieu à la main. Les briques de terre crue sont fabriquées sur place ; les motifs géométriques des tours sont pensés au sol avant d’être assemblés en hauteur. Le geste précède l’esthétique. Partout, des plafonds en bois sculptémagnifient les espaces. Objets, meubles et autres décors ont été chinés ou réalisés sur-mesure in situ. La symbolique berbère irrigue l’ensemble, notamment celle de la famille, omniprésente, discrètement gravée. À chaque étape, si le résultat ne convainc pas, on recommence. À Kasbah d’If, la notion de délai s’efface au profit d’une exigence absolue.

    Les 37 chambres et suites traduisent cette sensation d’authenticité et de luxe discret. Décors et objets artisanaux raffinés, matériaux naturels, mobilier chiné ou conçu sur mesure, grands colliers berbères, tapis anciens, tableaux collectionnés depuis des décennies par les propriétaires ou commandés pour l’endroit. Énigmatiques et puissantes, certaines œuvresreprésentant des femmes berbères sans visage interpellent. Les salles de bains approfondissentcette sensation de confort. Habillée de marbre Volubilis, extrait de carrières marocaines, chacune affirme une élégance minérale, douce et intemporelle. Leur sol chauffant – particulièrement appréciable ce mois de janvier lors de notre visite – ajoute une dimension supplémentaire à l’expérience. Aucune chambre ne se ressemble, toutes s’ouvrent sur l’immensité de ce paysage spectaculaire…

    Dans un autre registre, tout aussi impressionnant, le spa Aman KA, refuge minéral presque secret, invite à l’oubli, à la déconnexion et à la détente absolue. Pour le rejoindre, il convient d’emprunter un long tunnel directement creusé dans la roche. Plus de trois ans de travaux ont été nécessaires pour le façonner, pour suivre les veines naturelles de la pierre aujourd’hui révélée. Piscine intérieure/extérieure, soins inspirés des rituels marocains, vue ouverte sur le désert et l’Atlas : tout participe au lâcher-prise. 

    La gastronomie, quant à elle, se déploie en plusieurs lieux, au fil des saisons. Le jeune chef marocain Hassan Bensaid y compose une cuisine de fusion, où les plats du monde rencontrent les saveurs marocaines. Selon l’heure, la lumière, la chaleur et le temps, on déjeune ou l’on dîne autour du bassin central, sous la pergola à l’étage, au niveau du pavillon d’été en contrebas de la vaste piscine surplombant le désert ou dans le restaurant signature Al Massaa, où le décor associe de somptueux objets marocains et des chaises Mogador contemporaines et sculpturales, provenant de la maison Sarayan à Marrakech. Au BBB – British Berbère Bar –, on aime se poser pour déguster cocktails et spiritueux dans une atmosphère feutrée à la nuit tombée. Plus bas, le pavillon d’hiver, avec jeux et livres à disposition, dont un billard, offre une autre alternative aux hôtes à l’heure des journées plus fraîches.

    Pour parfaire le tout, yoga, balades en dromadaire, à cheval, excursions en e-bike ou en buggydans le désert sont proposés. Si beaucoup n’envisagent d’abord qu’une nuit ou deux, nombreux sont les voyageurs qui choisissent finalement de prolonger leur séjour. Parce que dans cette Kasbah, l’on s’y sent à la maison, naturellement bien…

    Rédaction : Delphine Despres